Épilepsie, frénésie et écriture : le cas Dostoïevski – Pr. Gérard BEJJANI

Introduction

Soudain, alors que je suis encore debout, je me vois chanceler, les lèvres frémissantes, le visage convulsé, renversant les chaises au passage. Je me frappe la tête à en avoir mal aux mains, je donne des coups de poing dans le mur, avec la rage d’une bête traquée. Comme dans l’enfance, quand ma mère, après l’engueulade du père, glissait en cachette dans la chambre, s’approchait du lit sur la pointe des pieds et, me croyant endormi, me caressait le visage et m’embrassait.

Alors la crampe se dénouait, elle libérait des larmes contenues, étouffées, puis de gros sanglots qui soulagent, douloureux et doux, comme les remous d’un bloc de pierre tombé dans l’eau.

« Qu’un homme aussi sage, aussi sérieux, aussi intelligent que toi puisse trembler, trembler et pleurer, c’est honteux » me dit l’autre. Oui, ça le fâchait, ça l’agaçait tant qu’il me menaça une fois de me quitter pour toujours. Et ce fut fait.

Pourtant ce n’était qu’une espèce de crise qui me venait de loin et je ne sais pour quelle raison, pour quel traumatisme enfoui, mais elle était là, toujours aux aguets, celle-là même qui fit basculer Dostoïevski. Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski, surnommé « le géant aux cinq éléphants » pour avoir écrit les cinq plus grands monuments de la littérature universelle : Les Frères Karamazov, Crime et Châtiment, Les Possédés ou Les Démons, L’Adolescent et L’Idiot.

À se demander dans quelle mesure la maladie, en l’occurrence l’épilepsie qui, étymologiquement, vous « prend par surprise », a quelque chose de l’inspiration qui, elle aussi, vient à nous sans prévenir, presque au hasard. À se demander si ce mal dit comitial, parce que, du temps des Romains, les comices étaient interrompus lors d’une crise jugée de mauvais auspices, si ce mal donc ne constitue pas la source, sinon la condition du génie Dostoïevski, de son travail acharné, de son œuvre, considérée aujourd’hui comme la plus achevée de tous les temps.

Pour répondre à la question, on tâchera de rappeler, à travers des exemples biographiques, quels sont les déclencheurs et les symptômes de l’épilepsie chez Dostoïevski, puis on montrera comment ils s’allient à l’idiotie qu’on redéfinira sous un nouvel angle, de manière à voir enfin, dans la fébrilité épileptique, un vecteur de création et d’écriture infinie.

I. L’épilepsie chez Dostoïevski

On le sait, Fédor Dostoïevski, comme Gustave Flaubert, né d’ailleurs la même année que lui, en 1821, fut gravement malade d’une épilepsie dont les premiers accès remontaient, dit-on, à ce jour de juin 1839 où il apprit la mort de son père, tué par ses serfs. De plus en plus durs, et de plus en plus réguliers, ils le laissaient, après coup, parfois durant plusieurs jours, abêti et mélancolique, hanté par la peur de mourir. Puis les douleurs venaient : maux de tête, de gorge, rages de dents, hémorroïdes, insomnies, etc., que semblent avoir exaspérées, à Genève, à Milan et à Florence, les variations du climat qu’il sentait contraires à sa concentration intellectuelle.

Sa maladie se manifeste un peu partout dans son œuvre immense, et surtout, dans le roman où il s’est le mieux examiné, L’Idiot, à travers le personnage du prince Mychkine. Quand Mychkine, arrivé à Saint-Pétersbourg, s’entretient avec la générale Epantchine et ses filles, il reflète exactement le mal dont Dostoïevski souffrait, dans un discours presque autobiographique. Voici ce qu’il dit :

Quand on me fit quitter la Russie et voyager à travers diverses villes d’Allemagne, je regardai tout sans mot dire et je me rappelle même n’avoir alors posé aucune question. J’avais eu précédemment une série de violentes attaques de mon mal et j’avais beaucoup souffert ; chaque fois que la maladie s’aggravait et que les accès devenaient plus fréquents, je tombais dans l’hébétude et perdais complètement la mémoire (…) Je n’arrivais pas à réunir plus de deux ou trois idées à la suite (…) Je me souviens de la tristesse intolérable qui m’envahissait ; j’avais envie de pleurer ; tout m’étonnait et m’inquiétait. Ce qui m’oppressait affreusement, c’était la sensation que tout m’était étranger. Je comprenais que l’étranger me tuait.[2] 

 « L’étranger me tuait ». Le mot est à comprendre dans sa polysémie. L’étranger désigne d’abord la terre étrangère qui éloigne l’écrivain de la Russie et qui, par conséquent, provoque son désarroi de toujours manquer, dans des résidences précaires, de l’atmosphère du sol chéri. L’épilepsie serait liée à l’immense nostalgie qui déchire l’écrivain, celle de ne pas entendre la langue russe, originelle, maternelle : la crise serait l’expression déchirée et aiguë d’une perte de la patrie, disons plutôt de la matrie ou de la mère, de cette « douce langue natale » que chante Baudelaire[3].

On se souvient comment, au printemps 1867, fuyant son pays où il était menacé d’emprisonnement pour dettes, Fédor traîne, avec son épouse Anna, dans les vieilles rues étroites de Berlin, puis à Dresde, à la recherche d’un logement chez les Allemands qui, raconte Anna, écorchaient outrageusement les Russes et les nourrissaient mal. On se souvient aussi de leur arrivée à Baden-Baden et de leur humiliation devant le plus bel hôtel de la ville, l’Europe, le point de chute de Tourgueniev, ce palace dont Anna et lui n’auraient même pas pu franchir le seuil, parce que pauvrement vêtus, parce que miséreux. L’étranger prend alors son deuxième sens : il renvoie à l’autre qui refuse d’indiquer son chemin à Fedia, aux Juifs usuriers à longues boucles sur les tempes qui le poursuivent de leurs offres mercantiles, et même à son compatriote et écrivain, Tourgueniev qui se moque de lui en lui rappelant ses années de bagnard. Les flambées épileptiques arrivent alors, impitoyables, inexorables, avec l’énergie du désespoir contre l’énorme adversité du monde et de l’époque.

Mais l’étranger, c’est aussi cette part de lui-même qu’il ne reconnaît plus à chaque fois que la peur le prend, ces cicatrices sur le visage et sur le corps de tant de blessures, tant d’échecs, tant de brûlures. L’étranger, c’est sa propre tentation d’abdiquer à l’heure sombre de la désolation. C’est peut-être cet « idiot » qu’il porte en lui depuis si longtemps, depuis le jour surtout où il découvrit, pendant sa visite du musée de Bâle, la chair osseuse et livide du Christ dans le tableau de Holbein. Le choc est presque physique : impossible pour quiconque de croire que ce corps sans lumière soit capable de ressusciter ! Et pour exorciser sa panique devant cette représentation réaliste et effrayante de la mort, pour franchir ce cadavre du Christ, Dostoïevski bâtit tout un roman en pleine maladie, il s’invente son « idiot » sur lequel on s’arrêtera dans une deuxième partie.

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II. Idiotie et Épilepsie

On l’a déjà dit : Dostoïevski se met lui-même en scène à travers son personnage, le prince Mychkine, dont les deux attributs différentiels sont l’épilepsie et l’idiotie. Les deux qualifications entrent dans une étroite relation : l’une n’est ni la cause ni la conséquence de l’autre, elles semblent participer d’une même essence. Expliquons-nous.

Commençons par l’épilepsie qui surgit dans l’épisode où Rogojine, dissimulé dans une niche, s’apprête à assassiner le prince. À la vue du couteau brillant dans la main droite de Rogojine, le prince perd aussitôt conscience et plonge au sein des ténèbres. Puis le narrateur intervient dans un paragraphe de facture presque scientifique que l’on se permet de relever dans son intégralité :

Il était en proie à une attaque d’épilepsie, ce qui ne lui était pas arrivé depuis très longtemps. On sait avec quelle soudaineté se déclarent ces attaques. À ce moment, la figure et surtout le regard du patient s’altèrent d’une manière aussi rapide qu’incroyable. Des convulsions et des mouvements spasmodiques contractent tout son corps et les traits de son visage. Des gémissements épouvantables, qu’on ne peut ni s’imaginer ni comparer à rien, sortent de sa poitrine ; ils n’ont rien d’humain et il est difficile, sinon impossible de se figurer, lorsqu’on les entend, qu’ils sont exhalés par ce malheureux. On croirait plutôt qu’ils émanent d’un autre être qui se trouverait à l’intérieur du malade. C’est ainsi du moins que beaucoup de personnes définissent leur impression. Sur nombre de gens la vue de l’épileptique durant sa crise produit un indicible effet de terreur.[4]

Ce qui ressort de cette description, parallèlement aux signes de commotion violente, c’est l’image d’un dédoublement puisque l’on « croirait » que les gémissements « émanent d’un autre être ». Tout se passe comme si le corps ne répondait plus à la volonté, ou encore, que le moi se séparait du moi, comme s’il devenait le sujet regardant, dans l’impuissance, son propre objet se dérobant à toute emprise. La crise comitiale s’apparente donc à un schisme, une dichotomie que, très longtemps, la superstition populaire ou religieuse, et même l’Inquisition, ont considérée comme un symptôme de possession satanique. Pourtant, ce à quoi l’on assiste ressemble davantage à une dépossession de soi-même : le corps n’est pas habité par quelque démon ou puissance néfaste, au contraire, il se trouve déserté de sa faculté de gouvernance.

Il est remarquable de relever que Dostoïevski, en observant le mal chez son personnage, est en réalité en train de s’analyser lui-même par le biais de l’écriture, autrement dit, lui aussi se dédouble en praticien et en patient pour tenter de comprendre le phénomène comitial, et du coup, de l’apprivoiser, de l’adoucir.

On en arrive à l’idiotie, qui devient dans le roman, le nom vulgaire que l’on attribue à l’épilepsie. Mychkine se présente d’emblée comme le contre-modèle d’une juste intelligence : « J’ai été si malade, il est vrai, que cela m’a donné l’air d’un idiot », reconnaît-il dans un aveu déchirant. Mais en même temps il conclut par une interrogation rhétorique et logique : « Suis-je un idiot, à présent que je comprends moi-même qu’on me tient pour un idiot ? »[5] Ce n’est pas seulement son assistance qu’il interpelle ainsi, mais le lecteur, amené à se poser lui aussi la question. L’idiotie est l’autre de l’intelligence, et non son contraire, elle vient de ce qu’il a « des ennuis et des difficultés dans (ses) rapports avec les hommes » à cause de son mal congénital qui fait de lui un bouc émissaire. Il se trouve alors dans l’obligation non seulement de se retirer du monde puisqu’il est « de trop dans la société »[6], mais aussi d’être avec lui-même. On reconnaît là l’étymologie exacte du mot « idiotie », qui vient du grec « idios » ou « le propre à soi », c’est-à-dire une particularité de l’être, une figure valant par soi, en communion exclusive avec soi.

Une première lecture verrait donc dans l’épilepsie et l’idiotie une retraite forcée dans sa propre chair, devenue cette lourde cage qui empêche de « sortir de soi » et de s’adapter aux finalités communes. S’il est ainsi vrai que le malade se situe dans une hétérogénéité face aux adultes et à la réalité qu’il n’aime pas « parce qu’il ne sait pas comment s’y comporter », il n’en demeure pas mois un individu d’élection, et même un messager du paradis, comme on va le démontrer dans la troisième et dernière partie.

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III. Fébrilité et Écriture

Tout le récit de Dostoïevski tend, en effet, vers une nouvelle dimension de la maladie. Pour lui, la crise comitiale, par sa violence même, constitue une épreuve ressentie intensément par le dedans, opaque et incompréhensible donc pour toute personne qui la jauge de l’extérieur. Il s’agit de la sensation passionnément retrouvée, qui fera dire à Mychkine, en contrepoint à la parole du monde[7], fausse et prétentieuse, cette parole radieuse : « Je transformerais chaque minute en un siècle de vie »[8]. Par cette formule, presque messianique, Mychkine illustre le retour à la vie dont Dostoïevski lui-même avait fait l’expérience avec l’annonce de sa grâce devant le poteau d’exécution. On sait que l’écrivain, arrêté et condamné à mort, est sauvé in extremis, puis déporté en Sibérie. C’est ce trauma qui aiguise, selon ses biographes, ses poussées épileptiques devant l’horreur d’imaginer la fragmentation ou encore la scission de son corps. Voici comment Dostoïevski rapporte l’instant fatal :

Cette tête qui créait et vivait de la vie suprême de l’art, qui avait connu les besoins élevés de l’esprit et s’y était accoutumée, cette tête-là est déjà séparée de mes épaules. Mais en moi demeurent un cœur, et cette même chair, ce même sang qui peut également aimer et souffrir, désirer et se souvenir, et cela, c’est tout de même la vie.[9]

 L’effroi comitial s’inscrit dans ce fantasme atroce de décapitation, mais en même temps, une fois dépassé, il donne toute sa valeur à la lumière rendue, comme s’il y avait eu mort, descente aux Enfers et résurrection, nastassia en russe. L’épileptique est donc une sorte de revenant en puissance, qui apporte la bonne parole, l’évangile du bonheur de vivre auquel il croit tenus tous les hommes. Eux qui oublient souvent, pris dans la misère quotidienne et la platitude, que la vie est un bien non mesurable, non évaluable, donc absolu. « Chaque brin d’herbe croît et est heureux »[10], prêche le prince dans les salons désenchantés de Pétersbourg. Une éthique du bonheur que Dostoïevski s’est forgée à la fréquentation de ses compagnons d’infortune en Sibérie.

Ainsi, en tant qu’« idiot », il semble connaître périodiquement ces extases où la sensation et le sentiment s’intensifient tellement qu’ils en deviennent insupportables. Ce sont, pourrait-on dire, des manifestations excessives d’allégresse, en lesquelles le temps humain, donc la conscience de la mort, se dissipe. Le philosophe danois Kierkegaard considère l’épilepsie comme « le désespoir de la joie » en ce sens que le prince souffre de l’étreinte de l’absolu à laquelle le voue sa maladie justement. L’épileptique est en mal d’aurore, de cette sphère supérieure et céleste que ses transes conduisent à entr’apercevoir en l’arrachant à la raison pour le livrer à la vitalité fiévreuse, totale, essentielle. Mais qui ne dure que le moment de sa fulgurance. Il n’est alors d’autre issue que de saisir l’instant palpitant, de le capter par l’écriture.

La relation entre la maladie et la création a été magnifiquement rendue par un auteur russe contemporain, Léonid Tsypkin. Son récit, Un été à Baden-Baden[11], se fonde sur des documents authentiques et sur le journal d’Anna Grigorievna, la deuxième épouse de Dostoïevski.

« Il devait, il devait franchir les limites »[12], écrit Tsypkin à propos de Dostoïevski. Il compare son existence à un train à vive allure ou à une délicieuse et effrayante traversée à la nage. Anna effectue le voyage avec lui, au risque de s’y noyer, parce qu’elle a compris, elle, que la maladie est un chemin de croix qui certes absorbe tout, envahit tout, mais il n’y a que ça, au final, qui puisse nous affranchir, nous rendre libres. Elle garde les yeux fermés et les oreilles bouchées quand son mari crie, s’agite devant la fenêtre, menace de se jeter dans le vide, ôte son veston, tire sur son gilet, pris par « l’envie de faire quelque chose d’irréparable ». Oui, Anna en a l’expérience : au bout du tunnel, à chaque fois qu’il revient à lui, une vague de tendresse submerge l’épileptique : « Pardon, pardon », lui répète celui qu’on appelle désormais le « chevalier pauvre »[13], « Toi, mon ange », supplie-t-il, avant de s’agenouiller près du lit et de couvrir de baisers la couverture qui cachait le visage de sa femme.

Ce qu’Anna comprend mieux que toutes les autres femmes de Dostoïevski, c’est que « la compassion est la principale et peut-être l’unique loi qui régisse l’existence humaine ». C’est que rien ne peut arrêter l’impétuosité du désir, la passion du jeu au casino, la roulette démentielle qui tire son mari vers le bas, le phagocyte et le dévore dans sa toile. Rien sinon le moment où il se met à son bureau avec la traditionnelle chandelle qui coule et le verre de thé fort pour écrire. Les premières notes viennent, rédigées d’une petite écriture soignée, et du brouillard épileptique émergent les personnages les plus vrais et les plus extraordinaires que la littérature ait inventés. Tout se passe comme si l’œuvre prenait sur elle et apaisait la folie épileptique, comme si elle opérait une conversion des spasmes en mots, en phrases, en paragraphes, en récit. La syntaxe est une mise en ordre du cosmos, une maîtrise du désordre comitial. Le roman de Tsypkin se termine d’ailleurs sur cette heure miraculeuse de l’écriture qui sauve et guérit, si bien que Dostoïevski avait enfin l’impression, je cite, « d’escalader le plus haut sommet du monde, d’avancer sans peine sur un chemin de cristal, droit, lumineux. Il progressait aussi facilement que s’il avait descendu une pente, il lui semblait être porté par d’invisibles ailes, et au bout de ce chemin, au sommet de la montagne, un soleil éclatant brillait et se reflétait dans le cristal sur lequel il glissait »[14].

Conclusion

Et quel est ce soleil éblouissant sinon la vision de Dieu ? « Heureux les pauvres d’esprit, le Royaume des Cieux est à eux ».

Par l’écriture, l’épilepsie devient une épiphanie.

Car il est possible de rapprocher ce mal du ravissement ou de l’extase d’un cœur gonflé d’amour. Le prince Mychkine et Dostoïevski sont-ils différents de sainte Thérèse qui se laisse soudain enlever, dans une danse fébrile, par l’Époux divin ? On a l’audace d’affirmer ainsi qu’en tout épileptique le saint se déclare, celui qui, ayant entr’aperçu l’absolu sans jamais pouvoir l’atteindre, en tombe, ébranlé, renversé, remué, retourné devant le visage infini du Christ. Et, comme saint Jean de la Croix, chaque geste, chaque flambée, chaque sursaut, chaque soubresaut, chaque folie de l’épileptique semble dire, en sortant de sa nuit obscure[15] :

Je vis sans vivre en moi

Et de telle manière j’espère,

Que je meurs de ne pas mourir.

En moi-même je ne vis plus.

Et vivre sans Dieu je ne puis :

Si sans lui et sans moi je reste,

Ce vivre, que sera-t-il ?

Mille morts il me sera,

Puisque ma vie même j’espère,

En mourant de ne pas mourir.

[1] Le texte a d’abord fait l’objet d’une conférence donnée lors de la 3ème journée scientifique d’Épsilon, Association médicale et sociale pour l’épilepsie, le samedi 12 novembre 2016 au Campus des sciences médicales de l’Université Saint-Joseph.

[2] Les références à L’Idiot renvoient à la collection Folio, Paris, Gallimard, 1953 pour la traduction d’Albert Mousset et 1972 pour la préface d’Alain Besançon, p. 67.

[3] In « L’invitation au voyage », Les Fleurs du Mal.

[4] L’Idiot, p. 286.

[5] L’Idiot, p. 92.

[6] « Je sais que je… suis un disgracié de la nature. J’ai été malade durant vingt-quatre ans, ou, plus exactement, jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans. Considérez-moi comme encore malade à présent. Je m’en irai tout de suite, tout de suite, soyez-en sûrs. Je ne rougis pas, car ce serait, n’est-ce pas ? une chose étrange de rougir de mon infirmité. Mais je suis de trop dans la société », L’Idiot, p. 414.

[7] Le philosophe Michel Henry distingue deux paroles : la « parole du monde » faite des représentations dont le monde se sert et dont il constitue son langage et la « parole de la vie » qui relève de l’affectivité individuelle et de la vie intérieure, Paroles du Christ, Seuil, 2002, chapitre VII.

[8] L’Idiot, p. 73 : « Si je pouvais ne pas mourir ! Si la vie m’était rendue ! quelle éternité s’ouvrirait devant moi ! Je transformerais chaque minute en un siècle de vie ; je n’en perdrais pas une seule et je tiendrais le compte de toutes ces minutes pour ne pas les gaspiller ! »

[9] Dostoïevski, Correspondance , édition intégrale présentée et annotée par Jacques Catteau, traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard, Bartillat, tome 1, 1998, p. 321.

[10] « Chaque matin, le soleil se lève aussi radieux ; chaque matin, l’arc-en-ciel se dessine au-dessus de la cascade ; chaque soir la cime neigeuse de la plus haute montagne des alentours s’embrase là-bas, à l’horizon d’un feu de pourpre ; chaque « moucheron qui bourdonne autour de lui, dans un brûlant rayon de soleil, participe à ce chœur de la nature : il sait sa place, il l’aime, il est heureux ». Chaque brin d’herbe croît et est heureux ! Chaque être a sa voie et la connaît », L’Idiot, p. 515.

[11] Le roman est publié à peine quelques semaines avant la mort de Tsypkin, en 1981. Il n’est traduit en français par Bernadette du Crest qu’en 2003 chez Christian Bourgois éditeur, avec une préface de Susan Sontag de 2001, traduite de l’anglais par Patrick Hersant.

[12] « Ils le regardaient avec envie grimper vers l’inaccessible cime – incapables de connaître l’immense sentiment de libération que lui éprouvait, comme leur restait inconnue la passion qui le poussait – il devait, il devait franchir les limites », Un été à Baden-Baden, p. 109.

[13] Le chevalier pauvre est le personnage d’un poème de Pouchkine dont on parle longuement dans L’Idiot en l’associant au prince Mychkine :

« Tel qu’on me l’a dépeint, le « chevalier pauvre »

Ne leva devant personne

La visière d’acier de son casque.

Alors quel visage lui donner ? Que représenter ? une visière, un être anonyme ? », et plus loin, « Le « chevalier pauvre », c’est Don Quichotte, un Don Quichotte qui ne serait pas comique, mais sérieux », L’Idiot, p. 301 et p. 303.

[14] Un été à Baden-Baden, p. 212.

[15] Pour saint Jean de la Croix, c’est au sein de la « nuit aride que l’âme grandit dans l’amour de Dieu et le désir ardent de le glorifier », car « plus l’âme se purifie de ses affections et désirs sensitifs, plus aussi elle acquiert cette liberté d’esprit qui l’enrichit peu à peu des douze fruits de l’Esprit-Saint », La Nuit obscure, Seuil, 1984, traduction du père Grégoire de Saint Joseph, p. 87.

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