Retour sur Le Choix Goncourt de l’Orient en 10 points

Sur le site de l’Académie Goncourt, l’on peut lire l’explication suivante :

L’Institut Français du Liban a lancé, en partenariat étroit avec le Bureau régional de l’Agence Universitaire de la Francophonie, un prix littéraire «Le Choix Goncourt de l’Orient». […] Inspiré du Choix Polonais (créé en 1998, à Cracovie), le projet a immédiatement emporté l’adhésion des universités à l’échelon national (Liban) et régional (région Moyen-Orient), grâce à l’appui du Bureau régional Moyen-Orient de l’Agence Universitaire Francophone. Le principe est de créer un jury étudiant pour procéder à la sélection d’un ouvrage parmi les 8 titres de la 2ème sélection de l’Académie Goncourt.

Retour sur le choix 2017 qui s’est posé sur Bakhita de Véronique Olmi grâce à l’interview de deux participantes issues du département de Lettres françaises : Batoul Ghaddar du CEULS et Adiba Suleiman du CEULN.

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1. Comment se sont déroulées les séances de travail sur la sélection pour le Choix Goncourt de l’Orient ?

Adiba : La première séance était consacrée aux explications. Puis, après la réception de notre lot de livres, nous avons pu faire notre choix de lecture. J’avais choisi La Disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez. Le personnage me paraissait intéressant. Une camarade avait choisi L’Ordre du jour, sauf que, le sujet l’intéressait pas, le style non plus (elle trouvait qu’il y avait beaucoup d’énumérations qui faisaient parfois une page). Cette impression avait influencé tout le monde. Par la suite, chacune a présenté son roman. Pour certaines c’était le coup de cœur, pour d’autres c’était affreux. Bakhita a trainé pendant deux bonnes semaines à la bibliothèque avant que nous nous penchions dessus. Les lectrices sont immédiatement tombées sous son charme.

Batoul : Madame Stéphanie Jabre a apporté les 15 romans choisis. Chacune de nous a commencé la lecture de son roman préféré, s’appuyant sur le titre et la quatrième de couverture (pour moi, ce fut Un Certain M. Piekielny.  Les discussions se sont enchaînées en classe, sur le forum et sur le groupe whatsapp.

2. Quel(s)point(s) commun(s) les ouvrages retenus dans cette sélection partagent-ils ?

Adiba : Je pense qu’ils portent tous en eux un questionnement existentiel. Ils poussent le lecteur dans une introspection par les thèmes abordés. Bien qu’ils se situent à des époques différentes (Guerre d’Algérie, Seconde Guerre mondiale, Les années 30, le XIXe siècle), leur sujet reste très actuel. Nous avons la question de la collaboration, la banalité du mal, l’identité, l’exil, le racisme, la discrimination, l’esclavage, la perte d’un être cher…

Batoul : Au niveau thématique – le rôle de la littérature dans le surgissement du passé et des vrais faits historiques ( désastre des juifs/ deuxième Guerre mondiale/ esclavage..). Au niveau littéraire – le réel et la fiction fortement liés dans la construction des romans.

3. Pourquoi avez-vous été retenues pour représenter le département ?

Adiba : J’étais déterminée à l’être et j’en avais les capacités. Mes camarades étaient très favorables à cette idée.

Batoul : J’ai été retenue pour représenter le département pour ma volonté d’y participer et ma capacité à argumenter.

4. Comment se déroulent les délibérations à huis clos avant la proclamation du prix ?

Adiba : Vote et débats ! Plutôt agréable comme ambiance. Oh ! Il y avait le déjeuner aussi !!

Batoul : Chaque président s’est présenté devant les autres. Les résultats du premier scrutin étaient : 17 voix pour Bakhita, 13 voix pour L’Art de perdre, 4 voix pour Summer, une voix pour Un Certain M Piekielny, une voix pour La Disparition de Josef Mengele, une voix à L’Ordre du jour. Le lauréat a été choisi au second tour du scrutin avec 22 voix sur 37. Après le petit débat, nous avons distribué les tâches entre nous.

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5. Quelles compétences cette expérience a-t-elle développées en vous ?

Adiba : L’art oratoire, la confiance, la vigilance, la gestion du temps et l’esprit critique.

Batoul : Maîtriser ma peur devant un public ; m’exprimer en français devant une énorme foule ; me concentrer sur les points importants avant de les annoncer en un temps succinct.

6. Quel ouvrage constituait votre coup de cœur ?

Adiba : L’Art de perdre d’Alice Zeniter !

Batoul : Bakhita. En le lisant, j’ai senti la douleur des personnages, j’ai pleuré avec eux et j’étais soulagée lors de l’arrivée de Bakhita à l’institut des sœurs.

7. Qu’apportera la traduction de Bakhita en arabe ?

Adiba : Honnêtement, j’aurais préféré que L’Art de perdre soit traduit en arabe. Nous, Libanais, avons plein de choses à apprendre – comme parler sans honte, sans fermer les yeux et se camoufler le visage – de la guerre civile libanaise. La traduction de Bakhita en arabe permettra au roman d’accéder à un plus grand public.

Batoul : La traduction de Bakhita en arabe ouvre l’opportunité à beaucoup de lecteurs arabophones  de profiter au moins du plus simple message du roman : garder espoir même si tout va mal

8. Si vous deviez être un personnage ou un lieu de Bakhita…

Adiba : Je serais le Soudan. C’est le pays où Bakhita a subi le plus de violences (physiques et morales) mais c’est aussi le lieu fondateur de sa personne. La violence a fait d’elle un être fort, courageux et généreux.

Batoul : Je serais Stefano Messarioto, la cause principale de la liberté et la sainteté de Bakhita

9. Si vous deviez changer l’image de la première de couverture de Bakhita…

Adiba : Parce que c’est Van Gogh et parce que cela crée comme un choc. Nous savons que Bakhita n’a jamais eu d’enfant. Cette peinture ne serait que la représentation de Bakhita et sa mère… mais elle peut également être interprétée comme une Bakhita plus vieille consolant une Bakhita plus jeune.

Batoul : Je mettrais tout simplement une photo d’un oiseau libéré de sa cage et planant dans le ciel bleu. L’oiseau blanc représente la douce et la bonne Bakhita affranchie des chaînes de l’esclavage et volant dans le bleu clair, symbole de la pureté, la sérénité et la sainteté

10. Si vous deviez changer le nom du concours Le Choix Goncourt de l’Orient…

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Adiba : Je changerais le mot Orient, car qu’est-ce que l’Orient ? Totalement objectif ! Regardez !!

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Batoul : Le Goncourt des étudiants… tout simplement…

Interventions d’Adiba Suleiman et de Batoul Ghaddar

après la proclamation des résultats :

 

 

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