Le Salon du livre : l’envers du décor

         Le département de Lettres françaises de l’Université Saint-Joseph a affirmé sa présence au Salon du Livre francophone de Beyrouth 2017. Les différents enseignants ont pu s’adonner à leurs activités intellectuelles : conférences, signatures, tribunes. Les étudiants de Beyrouth, de Tripoli (CEULN) et de Saïda (CEULS) ont pu s’abandonner à la magie des livres et des mots – deux étudiantes ont également pu avoir la chance de faire partie du jury du Goncourt, le choix de l’Orient (Retour sur Le Choix Goncourt de l’Orient en 10 points).

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          Mais une autre présence, plus cachée, s’est déclarée dans les coulisses. Avec l’accord de l’Institut Français du Liban, 15 étudiants de Beyrouth ont été inclus dans la gestion de cette cuvée 2017. Après une première réunion d’explication, des couples d’étudiants ont été formés pour servir d’attachés de presse à : François Beaune, Cyril Dion, Darina al Joundi, Iman Humaydan, Salah Stétié, Leila Slimani et Éric Emmanuel Schmitt. Ils se devaient de les recevoir au Salon, de les conduire à leurs différents lieux de rendez-vous, de s’assurer que le timing prévu par leur feuille de route était respecté et, bien évidemment, de discuter avec eux de leurs œuvres.

 

Retour sur ces moments à partir de quelques témoignages ciblés.

En 5 anecdotes

           1. On arrive au salon le premier jour pour accueillir notre premier auteur, François Beaune. On se présente, bonjour, vos accompagnateurs, et il rétorque :  »Et comment je vous perds ? ».

              2. Qui aurait cru que deux étudiants accompagneraient Salah Stetié à l’ABC, qu’ils auraient même leur mot à dire quant à la couleur de chemise que le grand poète devait choisir pour sa rencontre avec l’ambassadeur le soir même, qu’ils iraient boire un café avec lui chez Paul en l’écoutant parler du fondateur de cette chaîne française, ou encore qu’ils l’accompagneraient chez sa sœur et découvriraient un salon d’antiquaire digne d’être une salle du Louvre ?

               3. En faisant un audiogramme, l’audioprothésiste demande à M. Salah Stetié de répéter une trentaine de mots dont les monèmes sont proches. Le test terminé, Monsieur Stetié regarde l’audioprothésiste et lui demande d’un ton ironique : « Est-ce que j’ai réussi ? Ai-je fait des erreurs ? ».

                4. À la recherche de Cyril Dion ! Après un quart d’heure à la recherche de l’auteur de Demain, je finis par le trouver à la librairie Antoine. Très embarrassée, je m’avance vers lui et me présente. Il me regarde d’un air enjoué et me dit :  »Et c’est pour cette raison que vous avez décidé d’incarner la parfaite petite Parisienne ? ». Il m’explique qu’il m’a repérée avec mon béret rouge à le regarder de loin et s’est dit que j’étais sûrement une groupie !

               5. Lorsque Salah Stetié signait ses livres à la Librairie Orientale, un homme est venu lui demander :  »Vous travaillez ici ? Je voulais juste vous demander combien coûte la… ». Et à nous de l’interrompre :  »Il ne travaille pas ici, comme vous pouvez le voir, il signe ses œuvres ».  »Ah », répondit l’homme, visiblement déçu. Puis, s’adressant toujours à Monsieur Stetié :  »Vous n’avez vraiment aucune idée des prix ici ? ».

 

En 5 compétences

  1. La prise d’initiative
  2. Le travail d’équipe
  3. L’investissement
  4. La modestie
  5. L’adaptation aux changements

Petit plus : Je passe sur les compétences. J’utilise ce mot dix fois par jour au travail. Je préfère réserver à la littérature le luxe de ne pas être pédagogue, heureusement d’ailleurs

 

En 5 moments inoubliables

1. Avec Eric-Emmanuel Schmitt. Question :  »Qu’est-ce que ça vous fait d’être convié en tant que représentant de l’Académie Goncourt pour le Choix de l’Orient ? ». Réponse :  »Ah ! c’est un réel plaisir et un régal de voir que la littérature peut sortir de Paris avec des réflexions et des esprits si riches et impliqués ».

2. J’ai voulu prendre une photo avec Salah Stétié. J’ai refusé qu’il se lève ; j’ai mis la main sur son épaule et il l’a embrassée de ses deux mains. C’était non seulement un moment inoubliable, mais aussi un sentiment de paternité éternel qui restera gravé dans mon cœur jusqu’à mon dernier souffle.

3. Avec Iman Humaydan. Elle revoit un vieil ami à elle avec qui elle n’avait plus de contact depuis plus de 20 ans. Des retrouvailles émouvantes !

4. Une sortie avec l’ancien ambassadeur et le poète Salah Stétié durant laquelle il nous a parlé de Louis XIV et de l’ancien Président Nicolas Sarkozy qui portaient des talons d’une dizaine de centimètres.

5. Lorsque M. Schmitt est arrivé au Salon du Livre, le vendredi 10 novembre, et que nous avons discuté pas plus de 3 minutes avec lui. Bon, ce n’est pas réellement moi qui ai discuté avec lui, c’est mon amie, mais, c’est déjà ça. Je pense que ce moment est gravé dans ma mémoire ; j’ai aimé la simplicité de l’auteur.

En 5 découvertes littéraires

1. La BD de Leila Slimani m’a impressionnée. Elle y aborde des sujets qui restent tabous dans son pays en parlant du Maroc (comme la sexualité de la femme). Mais ces thèmes-là touchent aussi le Liban dans leur intégralité. J’ai eu l’impression qu’elle disait à ma place, les mots que j’envisageais de dire un jour, en parlant de la liberté sexuelle de la femme (que l’homme a), le viol, l’obligation d’épouser son violeur, la fille victime de viol maltraité ou mal vue, etc.

2. François Beaune qui a décidé de recenser des histoires tout autour de la mer Méditerranée et de les regrouper dans son livre La Lune dans le puits. Moi je prends !

3. Leïla SLIMANI (PURE FÉMINISTE! mais aussi mon coup de cœur littéraire)

4. Les jugements que j’ai envers certains écrivains ne sont qu’une déformation académique et professionnelle. Il faut se pencher devant les auteurs qui provoquent une queue de tous les âges pour une signature, une photo ou un regard.

5. Découverte d’un nombre considérable d’écrivains libanais francophones, ce qui enrichit notre bagage culturel. Parmi les écrivains rencontrés : Imane Humaydan, Hyam Yared, Rabih Alameddine, Marwan Kahil, Darina Al Joundi, Désirée Azzi, Mireille Abi Nader…

Petit plus : Cela compte d’avoir découvert Petits poèmes en prose de Baudelaire ? Le seul et unique livre que je me suis offert du Salon était celui-ci. 

En 5 adjectifs

  1. Passionnant
  2. Problématique
  3. Bipolaire
  4. Inoubliable
  5. Mirifique

 

Et voilà toutes les photos du Salon :

 

 

 

2 commentaires sur “Le Salon du livre : l’envers du décor

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  1. Je suis tombée sur votre article via la page Facebook de l’institut français du Liban et je me suis régalée à vous lire ! Vos mots sont fluides et légers, très naturels, et on croirait presque avoir vécu ces aventures avec vous. Merci pour ce moment !

    Aimé par 1 personne

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